Maizières-la-Grande-Paroisse

                                      

          Commune d'environ 1500 habitants 
     située dans l'Aube en bordure de la Seine

Notre Église qui a été construite à deux reprises est certainement une des plus anciennes du département de l'Aube.

Quelques archéologues en fixent la construction, du moins sa première partie, au XIIe siècle.
Elle est placée sous le vocable de Saint-Denis, évangélisateur des Gaules et 1er Évêque de Paris, martyr représenté décapité, mais tenant sa tête dans ses mains, d’où la légende selon laquelle il l’aurait ramassée après sa décollation.
Sa première forme était celle de l’antique basilique ; avec son transept, elle présente aujourd’hui un plan en forme de croix latine.
La partie la plus ancienne de cet édifice "de style roman" couverte en tuile comprend une nef principale non voûtée et deux nefs latérales dont celle de droite voûtée en 1897; la nef centrale aboutit à la tour, celle-ci voûtée en berceau. Elle comprend d'abord 4 travées avec piliers cylindriques, peu élevés (1m80) courts, formés de matériaux employés "en petit appareil" noyés dans le mortier, les arcs sont en plein cintre. La cinquième travée, celle de la tour,  possède un arc en ogive, mais peu élancée ce qui indiquerait pour le clocher, une construction un peu moins ancienne.
La deuxième partie de l'église qui est couverte d'ardoise et qui comprend l'abside et le double transept, en style gothique,  est du  XVIIe siècle ainsi que l'indique la date de 1653 inscrite au-dessus des vitraux. Le tout  était voûté  ; les fenêtres sont en ogives mais sans meneaux.  Peut-être complétèrent-ils une reconstruction qui aurait suivi un incendie survenu lors des guerres de religion, incendie dont les traces furent retrouvées au cours de réparation effectué en 1898.
L'édifice étant laissé à l'abandon à partir de 1793, au cours de l'hiver  1798-1799, la couverture et les voûtes  s'écroulèrent, pendant la nuit,  avec un lugubre fracas, jetant l'effroi parmi les voisins de cet édifice. Les riches verrières du sanctuaire furent brisées la toiture enlevée et la plus belle partie de l'église ensevelie sous les décombres. La restauration ne fut terminée qu'en 1817 en grande partie grâce aux dons de M. Jean-Louis BAYLE alors seigneur de Poussey.
Depuis le début du XXe siècle, de nombreux travaux de consolidation et de restauration ont été menés à bien par les municipalités successives.
Notre Église Saint-Denis nous offre donc, toujours, un aussi bel aspect.
Quoique notre église soit de construction ancienne, elle ne renferme pas d’objets bien remarquables par leur antiquité, du reste, en eut-elle possédé, qu’elle les aurait probablement perdus pendant la période révolutionnaire.Elle abrite malgré tout une magnifique reproduction de la grotte de Lourdes Lourdes (réalisée en 1935 par l’Abbé KRUMEICH) et une riche collection de statues.

Les statues

Nef principale :

  • Saint Denis, Évêque (au centre du maître autel)
  • Sainte Vierge (à gauche du maître autel)
  • Saint Joseph fabriquée dans les ateliers de M. Léon MOYNET  à Vendeuvre (à droite du maître autel).
  • Jeanne d’Arc en armure avec son étendard (au milieu du pilier à gauche de l’autel)
  • L’archange saint Michel terrassant le démon (au milieu du pilier à droite de l’autel)
  • Saint Denis martyr, la tête dans sa main (en haut du pilier à gauche de l’autel)
  • Saint Clément, Pape, (en haut du pilier à droite de l’autel).

Les deux dernières statues, de 1m60 de hauteur, sont en bois. Elles paraissent avoir survécu aux orages de la Révolution et sont du XVIIIe siècle

Nef latérale droite :

  • Sacré-Cœur, de grandeur naturelle (autel)
  • Saint Antoine de Padoue, en fonte sur un socle en bois (à gauche de l’autel)
  • Sainte Vierge – saint Victor - saint Édouard – saint Louis en roi couronné – saint Paul l’apôtre des gentils (coté mur)
  • Saint Pierre Apôtre et 1er Évêque de Rome – saint Jean Baptiste Vianney, curé d’Ars – saint Denis (coté pilier)

Nef latérale gauche :

  • Sainte Vierge de grandeur naturelle (autel)
  • Sainte Thérèse sur socle (à gauche de l’autel)
  • Notre Dame de Lourdes – sainte Geneviève (coté mur)
  • Sainte Thérèse - sainte Thérèse de l’enfant Jésus (coté pilier).
  • Saint Antoine des Ardents, mais sans tête ; cette statue aurait été mutilée pendant la période révolutionnaire (au dessus de la porte entrée coté nord)
  • Sacré cœur (face porte entrée sud)

Les Vitraux

Les verrières qui étaient très riches, ont été détruites pendant la Révolution.
L’Église est éclairée par dix-huit fenêtres. Les douze principales en forme ogivale sans meneaux sont garnies de verrières récentes. Les 6 autres fenêtres à plein cintre sont à vitraux losangés mesurant 1m de hauteur à peine.
Le Sanctuaire est éclairé par 5 verrières : celle du fond, derrière le maître-autel, offre pour sujet, le martyre de saint Denis dans la plaine de Saint-Denis (Seine). A droite et à gauche sont l’Ascension et l’Assomption, mises en place en 1865, pour le dimanche du Bon Pasteur. Le vitrail du fond, dit de saint Denis, a été posé un peu plus tard. Ces trois verrières sortent des ateliers de MM. Erdmann et Kremer, peintres verriers et proviennent des ressources de la Fabrique jointes aux dons des fidèles. Les deux autres sont sans sujet.
Au-dessus de l’Autel de la Sainte Vierge, la verrière a pour scène : l’Annonciation ; celle de l’Autel du Sacré-Cœur : Jésus, bénissant les enfants. Ces deux vitraux, posés en 1880, proviennent des mêmes ressources et sortent aussi des ateliers des mêmes artistes cités précédemment.
Dans la nef latérale droite, on peut voir deux verrières :
La plus éloignée de l’autel du Sacré-Cœur a pour sujet saint Éloi, qui a été posée en 1883. Elle est le produit d’une quête à domicile faite par les fabriciens, dans toute l’étendue de la paroisse. Elle a pour auteur : Erdmann -, peintre sur verre au 37, Cité des Fleurs, Paris - 17ème arrondissement.
L’autre verrière a comme sujet, saint Joseph ; dans un cartouche ont lit : A la mémoire de Édouard JULIEN, décédé le 7 mars 1874, à l’âge de 23 ans ; sa tante et sa marraine Mme Narcisse JULIEN. (Erdmann - Cité des Fleurs n° 37 - Paris 1881).
En face de cette verrière, dans la nef latérale gauche, on voit sainte Cécile, au-dessous on lit : A la mémoire de Cécile JULIEN, décédée le 15 décembre 1875, à l’âge de 19 ans. - La famille JULIEN . (Erdmann - Cité des Fleurs n° 37 - Paris 1881).
En remontant vers le confessionnal, on en voit une autre dont le sujet est saint Edmond (S. C. S. St-Edmondus). On y lit : Souvenir de M. Edmond Franck de PRÉAUMONT décédé à Paris le 2 juin 1885. - Famille Franck de PRÉAUMONT - 1890 (Fabrique du CARMEL du Mans, HACHER, fils, successeur).
Ces trois vitraux ont été financés par les familles qui ont habité le château de Poussey (JULIEN de 1858 à 1887 et de PRÉAUMONT de 1888 à 1891), en souvenir de leurs défunts respectifs.
Enfin, toujours dans la nef latérale gauche, qui est la partie la plus ancienne de l’église, on voit une troisième verrière ayant pour sujet ; La mort de saint Joseph. C’est la dernière posée, elle date de 1896 ; elle provient d’un don anonyme ; le nom de l’auteur ou du peintre n’est pas indiqué.

Le Clocher

Les cloches ont connu une histoire mouvementée.
Au clocher à base carrée, avec un toit pyramidal, se trouvent trois cloches de grosseur différente, nommées respectivement Marie Françoise (grosse), Amynthe (moyenne) et Clotilde Félicité (petite), du nom de leurs marraines. Elles ont un beau son, et toutes trois donnent un joli carillon.
Avant la Grande Révolution, il y en avait 3 aussi mais 2 furent descendues de l'église et conduites à Paris pour y être employées à la défense nationale.
Celle qui fut conservée servait à appeler les citoyens aux réunions publiques, assemblées primaires, fêtes décadaires (fêtes révolutionnaires) et fêtes républicaines, etc.
Mais cette cloche secouée sans doute trop violemment, fut bientôt détériorée et le 16 août 1802 le Conseil Municipal décida qu'elle repasse à la refonte car celle ci était hors d'état de servir. Mais néanmoins elle servit telle quelle jusqu'en 1809, date à laquelle elle fut refondue.
L'opération se fit sur la place à Maizières même et le moule fut établi au midi de l'église près de la 2ème porte latérale. Le premier moulage n'ayant pas réussi du premier coup  à cause de la présence d'une paille, la cloche obtenue fut cassée et refondue ; cette fois le succès fut complet.
Sur cette cloche qui a le rang de moyenne (850 kg) on lit l'inscription suivante : L'an 1809, j'ai été bénie par M. Bouillerot curé du canton de Romilly-sur-Seine. j'ai eu pour parrain M. Jean-Louis BAYLE, propriétaire de la terre de Poussey et pour marraine Mme Amynte PETEL, épouse de M. LAUROL, négociant à Troyes qui m'ont nommée Amynthe. - Jean-Baptiste PETEL, Maire, M. Louis BOUVOT, adjoint.
Les deux autres cloches on été installées en 1858.
La plus grosse qui pèse 1374,5 kg porte la mention suivante : J'ai été fondue l'an 1858. Étaient : Curé, M. Gérard ; Maire, M. NIORÉ -COSSARD ; Fabriciens : MM. CHALONS Edmé, NIORÉ Cyriaque, Marcilly, PORENTRU, et NIORÉ Luc. J'ai été bénite sous le les noms de Marie Françoise qui m'ont été donnés par M. NIORÉ -COSSARD, Maire, et Madame Veuve LESTRADE née GAILLARD- (n°596).
La petite cloche qui pèse 647 kg provient de la refonte d'une autre de même poids qui avait été détériorée, "La cloche fêlée, depuis plus d'un an, ne donne plus qu'un son de chaudron". Elle a été refondue aux frais de la Fabrique. Elle porte ces inscriptions : J'ai été fondue l'an 1858. Étaient : Curé, M. GÉRARD ; Maire, M. NIORÉ -COSSARD ; Fabriciens : MM. CHALONS  Edmé, NIORÉ Cyriaque, MARCILLY, PORENTRU et NIORÉ Luc. J'ai été bénite sous les noms de Clotilde Félicité qui m'ont été donnés par M. NIORÉ Cyriaque, trésorier de la Fabrique et par Dame DOUINE Etienne, née MILLET Clotilde - (n°597).
Ces cloches sonnent le midi et le soir pour l’angélus et lors des diverses célébrations. Elles deviennent parfois musiciennes avec le savoir-faire des élèves de notre ancien sonneur de cloches René RENAULT.

Le cimetière qui entourait l'édifice fut abandonné en 1818

Trente ans après, en 1848, pour occuper les ouvriers bonnetiers, alors en chômage, on enleva une première couche de terre qu'on transporta dans le nouveau cimetière pour l'exhausser. En 1862, pour occuper encore les ouvriers sans ouvrage, un nouveau déblaiement eut lieu et les ossements, recueillis avec soin, furent versés dans une fosse commune du nouveau Champ de Repos, au pied de l'ancienne croix du cimetière, dont les sculptures effritées tendent à disparaître.
Après l'enlèvement des terres du cimetière, on fut obligé, pour éviter l'écartement des murs de l'église, d'y établir plusieurs contreforts à l'extérieur et malgré ces précautions, la partie nord de cet édifice présente plusieurs lézardes.